Province de Trapani

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La Sicile africaine (suite)

24 juillet 2018 - Vol pour Palerme. A la différence de l'année dernière, nous quittons Lyon sous le soleil et nous atterrissons une heure et demi plus tard sous un ciel plus mitigé. La Sicile est sous un régime d'orage qui durera tout le long de ces 15 jours.

Nous récupérons la Fiat 500 et nous filons à Castellammare del Golfo, à une demi-heure de route de l'aéroport. Nous avons réservé au Bed & Breakfast BADIA, 7 via Bizet, dans le centre historique, à 200 mètres du port. Je recommande vraiment cet endroit, l'accueil chaleureux de Giuseppe, la gentillesse et le sourire de tous les personnels ont donné un ton immédiatement très agréable à ce début de vacances. Le seul point négatif est l'absence de parking à proximité. Malgré les indications de Giuseppe, les rares places de parking gratuites étaient prises d'assaut dès le matin. Nous avons donc trouvé un parking à 10 minutes environ du B&B aux tarifs assez aléatoires!

Castellammare del Golfo est une petite ville qui a beaucoup de charme. Elle garde un côté authentique, avec ses ruelles, son petit port de pêche, ses bateaux de plaisance, et son château arabo-normand (fermé pour cause de travaux en 2018). Nettement moins assaillie de touristes que la station balnéaire voisine de San Vito Lo Capo, coincée entre le Mont Inici et la mer,  c'est une halte que nous trouvons très plaisante avant de commencer notre périple autour de l'île. La promenade dans la vieille ville est trés agréable - il ne faut pas avoir peur de monter et descendre les escaliers - puis nous retournons flâner sur le port où se concentrent les restaurants et les bars. Tous les services se concentrent ici : location de bateaux, balades en mer, sorties pour aller pêcher, etc.

La ville possède également un jardin public, à proximité du centre-ville, très animé le soir.

En ce 24 juillet, le sommet du Mont Inici reste perdu dans des nuages menaçants, mais il fait chaud et il ne pleuvra pas. Le vent est trop violent pour des sorties en mer. Nous réservons un bateau sans permis pour le 26 juillet.

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25 juillet - Le temps s'est mis au beau et nous partons pour une randonnée autour du Monte Cofano. La réserve naturelle de Monte Cofano se situe à quelques kilomètres de San Vito Lo Capo. Nous prenons le sens inverse de notre plan sans nous en rendre compte, et finalement c'est mieux car ça grimpe pas mal, mais c'est encore plus abrupte dans l'autre sens. Nous partons de la Cala Bugato, au nord est de Cornino. L'ascension se fait tranquillement. Nous sommes seuls au monde ou presque, nous croisons deux randonneurs au maximum. 

Arrivés en haut, sur le plateau supérieur, nous nous trouvons nez à nez avec un troupeau de vaches magnifiques, paisiblement installées devant un décor sompteux. En bas, la mer d'un bleu intense se détache sur la couleur foncée de la roche. 

Nous descendons prudemment par des virages en épingles à cheveux pour gagner la Tonnara de Cofano. Il faut faire attention, les pierres roulent sous les baskets (prévoir des chaussures de marche plutôt que des baskets aux semelles lisses et glissantes). Le panorama est magnifique.

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Ici se trouve la Torre di Tuono, unique en Sicile par sa forme carrée à parois concaves, érigée vers 1500. Il y a peu de monde, il fait très chaud, et nous en profitons pour nous baigner dans une eau limpide (et assez agitée) après avoir pique-niqué à l'ombre de la Tour. Il ne faut évidemment pas s'attendre à trouver une plage de sable, la côte est rocheuse, et en cherchant bien, on déniche de petites criques vraiment très belles.

Après cette halte, nous suivons le chemin muletier, sécurisé par des rambardes en bois, nous passons la Pointe de Saraceno, en direction de la Cappelletta del Crocifisso, surplombée par une petite grotte nichée dans la paroi rocheuse, appelée la Grotta del Crocefisso. La vue sur la mer en contrebas est à couper le souffle. Puis nous arrivons à la Torre San Giovanni, une tour de guet qui fait partie du système de fortification voulu par les Bourbon sur les côtes siciliennes.

Il faut compter trois bonnes heures pour faire le tour du Monte Cofano, et évidemment plus si on s'arrête pour se baigner, pour admirer le panorama, les vagues qui s'écrasent sur les falaises, ou pour jeter un oeil dans la petite grotte del Crocefisso. Nous avons passé une journée splendide dans ce coin de Sicile africaine qui reste mon préféré, juste après l'île de Levanzo.

26 juillet - La Riserva dello Zingaro en bateau : un rêve! Nous avons donc loué un bateau sans permis à Castellammare del Golfo. L'année précédente, nous avions fait une partie de la réserve par le sentier qui surplombe la mer. Le panorama était hallucinant : des falaises tombant dans une mer turquoise et transparente. Cette fois nous allions être sur la mer! Départ à 10H00 de Castellammare, retour prévu à 18H00.

Il fait très beau et chaud, le décor est splendide, nous naviguons le long de la côte sur une mer virant du vert au bleu, et pourtant... les premiers effets de la houle se font sentir! N'ayant aucune idée de la distance parcourue, nous nous étonnons d'être déjà arrivés à San Vito Lo Capo, où nous devons faire le plein. Le paysage est tellement magnifique que nous décidons de jeter l'ancre à une centaine de mètres de la célèbre plage de San Vito, dont le sable blanc donne à l'eau cristalline une transparence incroyable. Inutile de préciser que la plage est surpeuplée.

Le bateau tangue légèrement, et le mal de mer se confirme! Ce qui ne m'empêche pas de m'émerveiller devant les nuances de bleu qui s'offrent à notre regard. 

C'est assez hallucinant de se baigner dans une eau tellement bleu que l'on se demande comment une couleur pareille est possible. Nous quittons San Vito et après un dernier coup d'oeil au phare, nous repartons en direction de Castellammare. Lors de l'arrêt suivant, je ne peux rien faire d'autre que m'affaler au fond du bateau tellement j'ai mal au coeur. C 'est ce jour-là que j'ai définitivement abandonné l'idée de faire le tour de la Sicile en bateau!!

L'arrêt suivant, à Scopello, se passe un peu mieux. Nous sommes un peu à l'abri du vent et la houle est moins forte. La crique de Scopello et ses faraglioni est prisée par les nombreux bateaux qui viennent faire une halte "baignade". Nous repartons en fin d'après-midi, il faut refaire le plein dans le port de Castellammare avant de rendre le bateau.