Minuit en Sicile, de Peter Robb

16/08/2018

J'ai adoré le fond et détesté la forme. C'est un peu par mégarde que j'ai acheté ce livre, j'avais mal lu, je pensais acheter un roman. En fait, Peter Robb, australien, raconte sa vision de la Sicile et de Naples, tout en narrant l'histoire, la violence et la complexité de la mafia sicilienne. Le récit de Peter Robb est passionnant, mais parfois confus. L'auteur saute d'un sujet à l'autre, sans vraiment de fil conducteur, ce qui m'a à plusieurs reprises gênée : art, mafia, gastronomie, politique, tout se mélange. Mais le fond du livre est passionnant pour qui aime la Sicile. J'ai aimé retrouvé les endroits où je suis allée, avec un angle d'approche différent et j'ai appris une multitude de choses sur la collusion entre la mafia et la politique, à travers des personnages importants comme Giulio Andreotti, politicien de la Démocratie Chrétienne, sénateur à vie, vingt fois ministre et sept fois premier ministre de 1947 à 1992! Soupçonné d'appartenance à la mafia ou tout au moins d'avoir été un de ses grands protecteurs, il a été acquitté du meurtre d'un journaliste gênant pour lui et d'association avec la mafia, malgré les doutes qui subsistent encore. Ce livre parle du travail courageux des juges anti-mafia, comme Giovanni Falcone et Paolo Borsellini, assassinés par Cosa Nostra sur ordre de Toto Riinà, un psychopathe à la tête du clan mafieux de Corleone. J'ai accompagné cette lecture de visionnages de reportages sur la mafia (merci Youtube), ce qui m'a permis d'approfondir le sujet et de mettre des têtes sur les sinistres personnages racontés dans ce livre. On ne peut pas se passionner pour la Sicile sans chercher à comprendre son histoire et ce qui fait sa réalité, bien loin des couleurs estivales et des images touristiques.